C’est avec une profonde tristesse que la Fondation AIDS Healthcare (AHF) marque le en passant of Mgr Desmond TutuFigure emblématique de la lutte pour la liberté et défenseur de la tolérance, l'archevêque Tutu a réconforté, inspiré et donné du courage à des millions de personnes en Afrique du Sud et dans le monde entier, et ce, pendant des générations. Pour les militants et les personnes touchées par le VIH/SIDA, il occupe une place particulière : celle d'un leader courageux qui n'a jamais hésité à dire la vérité, même lorsque cela heurtait la politique ou la religion.
Alors que le gouvernement sud-africain refusait de reconnaître la réalité de l'épidémie de VIH/SIDA qui ravageait le pays au début des années 2000 et l'efficacité des traitements antirétroviraux, l'archevêque Tutu déclara, dans une critique acerbe adressée au président Thabo Mbeki : « L'apartheid a tenté d'anéantir notre peuple et a échoué. Si nous ne luttons pas contre le VIH/SIDA, il pourrait y parvenir, car il décime déjà notre population. » L'archevêque Tutu condamnait également sans équivoque l'homophobie, même si ses opinions étaient en contradiction avec celles de l'Église anglicane à laquelle il appartenait. Il lança avec humour : « Si Dieu, comme on le prétend, est homophobe, je ne le vénérerais pas. » En 1984, il reçut le prix Nobel de la paix pour son engagement en faveur des droits de l'homme et sa lutte contre l'apartheid.
« L’Afrique a perdu un champion adoré et un défenseur inébranlable des droits de l’homme, qui n’a jamais craint de dire ce qui devait être dit, même au péril de sa vie », a déclaré le chef du bureau Afrique de l’AHF. Dr Penninah Iutung« Bien que discret et souvent plein d'esprit, l'archevêque Tutu a toujours affronté l'injustice avec un courage et une conviction d'homme de foi sans égal, qu'il s'agisse de racisme, de discrimination liée au VIH/SIDA, d'homophobie ou d'inégalités économiques. La meilleure façon d'honorer sa mémoire est peut-être de faire sienne son engagement envers la résilience et la compassion pour l'humanité, alors que nous traversons une nouvelle pandémie. »
Au cours des années qui ont suivi le lancement du premier programme de traitement international de l'AHF à Durban, en Afrique du Sud, en 2001, l'archevêque Tutu a apporté son soutien aux efforts de plaidoyer de l'AHF à plusieurs reprises, notamment en adresser le Marche sur Washington pour tenir la promesse Lors de la Conférence internationale sur le sida en 2012, il a diffusé un message vidéo et a demandé à sa fille Mpho Tutu de prendre la parole en son nom lors de cet événement historique. Marche « Tenir la promesse » à Durban, en Afrique du Sud en 2016. Aujourd'hui, l'héritage de l'archevêque Tutu en tant que militant contre le sida se perpétue grâce au travail de Fondation Desmond Tutu pour la santé, qui fut l'une des premières cliniques publiques à proposer un traitement antirétroviral au Cap, et qui, à travers la vie d'innombrables personnes, a inspiré à affirmer la vie et la vérité.
« Un homme exceptionnel nous a quittés. L’influence de l’archevêque Tutu sur l’histoire a largement dépassé les frontières de l’Afrique du Sud », a déclaré le président de l’AHF. Michel Weinstein« Il a toujours défendu la liberté et la compréhension. À maintes reprises, il a répondu présent lorsque l'AHF a sollicité son soutien. Il nous manquera énormément. »












