Plus de 100 militantes et membres de la société civile se sont rassemblées au Press Club of India à Delhi le 16 mai pour exprimer leur mécontentement à l'égard du directeur exécutif d'ONUSIDA, Michel Sidibé, et ont appelé à sa démission en solidarité avec des groupes dans d'autres parties du monde qui ont formulé des demandes similaires.
Lors de la conférence de presse, organisée conjointement avec le Réseau indien des femmes positives (PWN+), qui compte 30 000 membres, les militantes ont présenté un lettre exposant leurs demandes de réforme de l'ONUSIDA et de destitution de Sidibé, qui seront envoyées au Secrétaire général de l'ONU, António Guterres.
Sidibé a subi de fortes pressions pour démissionner, plus récemment dans un Tribune libre d'Al Jazeera—depuis que l'affaire a éclaté concernant sa gestion présumée inappropriée des allégations de harcèlement sexuel portées par une employée d'ONUSIDA contre son ancien adjoint. De nombreux articles de presse ont également révélé une culture de gestion au sein du système des Nations Unies qui ne dispose pas de méthodes efficaces pour enquêter sur les signalements de harcèlement sexuel et y donner suite..
« Je suis rejointe ici par de nombreux autres militants qui en ont assez de ceux qui, occupant des postes à responsabilité, abusent de leur pouvoir et ferment les yeux sur les personnes mêmes qu'ils sont censés protéger », a déclaré la directrice du programme national d'AHF India Cares. Dr V. Sam Prasad« Les femmes figurent parmi les groupes les plus marginalisés en Inde et sont touchées de manière disproportionnée par le VIH et le sida. Si l'ONUSIDA ne prend pas en compte les intérêts de son propre personnel, elle ne peut pas représenter efficacement les femmes les plus démunies du monde ! »
Des déclarations similaires ont été faites tout au long de l'événement, les intervenants, dont certains sont également victimes d'abus sexuels, prenant la parole pour exiger la démission ou la révocation de Sidibé. Les participants ont également plaidé pour la mise en place d'un système de contrôle indépendant des organisations telles que l'ONU et ont demandé la levée de l'immunité diplomatique pour tous les professionnels du développement international en poste en Inde.
Prashanti Tiwari, une ancienne consultante de l'UNFPA, affirme que le représentant de l'agence en Inde l'a agressée sexuellement, mais qu'il n'a pas eu à en subir les conséquences en raison de son immunité diplomatique.
« De plus en plus de femmes sont aujourd'hui victimes d'agressions et de harcèlement sexuels de la part de l'ONU et de ses nombreuses agences qui abusent de leur pouvoir et de leurs privilèges », a déclaré Prashanti Tiwari, militante féministe et membre du panel. « J'ai moi-même été victime d'agression sexuelle de la part du représentant de l'UNFPA dans le pays, Diego Palacious, et je me bats pour obtenir justice, tout en subissant de violentes représailles de la part du personnel de l'UNFPA. Mais j'ai constaté qu'il n'existe aucun moyen de demander des comptes à ces agresseurs ni de les poursuivre en justice. »
Le panel était composé de Mme Prasanti Tiwari ; Sœur Daise Terese, Mère Supérieure du Jyothis Charitable Trust ; Dr Divya Mithel, médecin de la clinique AHF JCC ; Prince Manavendra Singh Gohil, militant LGBT et directeur du Lakshya Trust ; Mme Kausalya Periasamy, présidente de PWN+ ; Luke Samson, président de SHARAN Indi ; et de représentants de diverses organisations de la société civile.
Les participants ont clairement indiqué que le comportement d'ONUSIDA et de son directeur a créé un dangereux précédent, et que toute mesure autre qu'un changement de direction accompagné d'une réforme en profondeur ne fera qu'entraîner de nouvelles transgressions.













