PARIS, FRANCE (26 juillet 2017) Les dernières données présentées lors de la 9e Conférence de l'IAS sur la science du VIH à Paris suggèrent que la crise du sida est en voie d'être terminée d'ici 2020, mais de nombreux problèmes persistants d'accès au traitement et à la prévention dans les pays les plus touchés semblent contredire cette perspective optimiste.
« Nous craignons que les dirigeants ne quittent la conférence de l'IAS avec l'impression que la situation est meilleure qu'elle ne l'est réellement, mais la politique ne devrait pas influencer l'épidémiologie », a déclaré le Dr Michael Wohlfeiler, chef du service médical de l'AHF, qui participait à la conférence. « Ce dont nous avons besoin, c'est d'un retour à la réalité : l'ONUSIDA vient d'annoncer qu'en 2016, 19.5 millions de personnes suivaient un traitement antirétroviral. Nous voulons une confirmation, car pour nous, il s'agit toujours d'une crise majeure. Le problème, c'est que minimiser l'ampleur de la crise, c'est aussi minimiser l'urgence et les financements nécessaires pour la résoudre. »
Le dernier chiffre publié par l'ONUSIDA concernant le nombre de personnes sous traitement antirétroviral pour 2016 représente une augmentation de 2.5 millions par rapport à 2015. Les représentants de l'ONUSIDA ont reconnu qu'il s'agissait d'estimations, mais ils ont néanmoins exprimé une grande confiance en leur exactitude.
Lors d'une séance de questions-réponses, le Dr Jorge Saavedra, ambassadeur mondial de la santé publique de l'AHF, a expliqué à Michele Sidibé, directrice exécutive d'ONUSIDA, que les objectifs 90-90-90 correspondent en réalité à 90-81-73, chaque pourcentage étant calculé en fonction de l'objectif précédent. Par conséquent, les progrès actuels vers l'atteinte des objectifs 90-90-90 sont inférieurs à ceux estimés selon la méthodologie d'ONUSIDA.
« J’ai demandé à Michele Sidibé de ne pas présenter les résultats mondiaux obtenus jusqu’à présent concernant l’objectif 90-90-90 sous la forme 70-77-82, car cela laisse entendre que, malgré la diminution des financements, nous réalisons des progrès significatifs et que nous sommes déjà presque arrivés au but », a déclaré le Dr Saavedra. « Si l’on présente les chiffres réels, qui sont de 70-54-44 à l’échelle mondiale, on sous-entend immédiatement que nous sommes encore loin des objectifs et que des ressources et des efforts supplémentaires sont nécessaires. »
Les cliniciens et les responsables de programmes constatent au quotidien la réalité de la lutte contre l'épidémie, notamment dans les contextes où les ressources sont limitées. La Dre Lydia Buzaalirwa, directrice de la gestion de la qualité chez AHF Uganda Cares, qui a participé à la conférence, a déclaré qu'il restait encore beaucoup à faire.
« La conférence a permis de dégager un consensus sur les modèles de soins différenciés, mais le chemin est encore long. En effet, en Afrique, par exemple, de nombreuses populations clés sont fortement stigmatisées, notamment au sein des systèmes de santé, et les ONG qui travaillent avec elles sont presque obligées d'agir clandestinement », a déclaré le Dr Buzaalirwa. « De plus, si l'attention se porte beaucoup sur les adolescents et les enfants, les résultats des traitements restent médiocres : l'observance thérapeutique et la mortalité sont problématiques. La situation s'améliore, certes, mais le financement demeure un obstacle majeur à la riposte au sida. Il aura des répercussions sur l'accès aux soins, la logistique, les ressources humaines et bien d'autres aspects de la prise en charge. Des personnes meurent sans être diagnostiquées ni traitées. Il est urgent d'accélérer notre riposte ! »
L’AIDS Healthcare Foundation (AHF), la plus grande organisation mondiale de lutte contre le sida, fournit actuellement des soins médicaux et/ou des services à plus de 774 000 personnes dans 39 pays à travers le monde, notamment aux États-Unis, en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Asie-Pacifique et en Europe de l’Est. Pour en savoir plus sur l’AHF, veuillez consulter notre site web : www.aidshealth.org, nous retrouver sur Facebook : www.facebook.com/aidshealth et nous suivre sur Twitter : @aidshealthcare.











