WASHINGTON (23 décembre 2013) Fondation AIDS Healthcare (AHF) exhorte le président ougandais Museveni à ne pas signer la loi criminalisant davantage l'homosexualité, qui a été adoptée sans quorum et n'a pas été inscrite à l'ordre du jour.
La loi adoptée vendredi par le Parlement ougandais compromet davantage les efforts déjà insuffisants de l'Ouganda pour endiguer la propagation du VIH. De nombreuses études scientifiques ont démontré que les lois criminalisant toute activité sexuelle entre adultes poussent les populations à la clandestinité et les dissuadent de se faire dépister ou soigner.
L'Ouganda, autrefois chef de file mondial en matière de prévention du VIH, a connu une augmentation significative des infections au VIH ces dernières années. Ce projet de loi, s'il est adopté, entraînera une hausse du taux d'infection au sein de la population générale, car un pourcentage important d'hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ont également des rapports sexuels avec des femmes.
AHF collabore étroitement avec le ministère ougandais de la Santé pour le dépistage et le traitement de centaines de milliers d'Ougandais. Récemment, AHF a acquis un immeuble à Kampala pour plus de 5 millions de dollars afin d'y installer ses services de prévention, de dépistage, de traitement et administratifs. Le bureau africain d'AHF, présent dans onze pays, a son siège à Kampala.
AHF reconnaît la souveraineté de chaque pays et son droit de définir ses propres politiques et de préserver sa culture. Cependant, en tant que plus grande organisation mondiale de lutte contre le sida, il est de notre responsabilité de conseiller les gouvernements lorsque leurs politiques sont contraires à la promotion de la santé publique, en nous appuyant sur des données scientifiques précises. Par ailleurs, les efforts déployés par l'Ouganda pour attirer l'aide étrangère, déjà entravés par la corruption, pourraient être davantage compromis par la désapprobation internationale de ces politiques, notamment au regard du respect des droits humains.
Nous espérons poursuivre le dialogue avec le gouvernement ougandais afin de garantir que la lutte contre le sida en Ouganda sera un jour gagnée.











