L’AHF exhorte la Corée et les autres pays riches à payer leur juste part dans la lutte mondiale contre le sida.
La contribution annoncée de la Corée au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, bien qu'en hausse, est loin d'être à la hauteur de ses obligations, affirme l'AHF, soulignant que le soutien au Fonds n'est pas une faveur accordée par les pays, mais une responsabilité qui incombe aux principales nations du monde.
WASHINGTON (22 novembre 2013) – L’AIDS Healthcare Foundation (AHF), la plus importante organisation mondiale de lutte contre le sida, a demandé aujourd’hui à la République de Corée d’accroître sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. La contribution de la Corée, bien qu’augmentée, reste largement insuffisante, a déclaré l’AHF. Cette demande, adressée par l’AHF à Ahn Ho-young, ambassadeur de la République de Corée, dans une lettre envoyée à l’ambassade du pays à Washington, intervient avant la quatrième reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, prévue le 3 décembre à Washington.
L’appel lancé par AHF à la Corée afin qu’elle accroisse sa générosité dans la lutte mondiale contre le sida fait suite à l’annonce, cette semaine, de l’engagement financier que la Corée du Sud entend verser au Fonds mondial. Selon un communiqué de presse du Fonds mondial daté du 21 novembre : « Le ministère coréen de la Santé versera 6 millions de dollars américains au Fonds mondial pour la période 2014-16. Le ministère coréen des Affaires étrangères versera par ailleurs 10 millions de dollars américains, prélevés sur tous les passagers quittant la Corée par vols internationaux, au Fonds mondial en cinq tranches annuelles de 2 millions de dollars, de 2013 à 17. »
« À l’instar d’une grande partie de la société civile, l’AHF considère les contributions des donateurs au Fonds non pas comme un acte de charité, mais comme une responsabilité, tant morale que pratique, qui incombe aux nations les plus riches de protéger la santé publique de la planète entière », a écrit Michael Weinstein, président de l’AIDS Healthcare Foundation, dans la lettre adressée par l’AHF à l’ambassadeur de Corée, l’exhortant à accroître son soutien financier au Fonds mondial. « C’est pourquoi l’AHF a été déçue d’apprendre que la République de Corée ne s’est engagée qu’à verser 16 millions de dollars américains au Fonds au cours des cinq prochaines années. L’AHF a été d’autant plus consternée de constater que la Corée entend lever la majeure partie de cette somme non pas grâce à ses propres ressources, mais en taxant les personnes entrant et sortant de Corée par avion, y compris tous les étrangers empruntant ces voies. Nous demandons et espérons sincèrement que la Corée reconsidérera son engagement envers le Fonds mondial et y consacrera des ressources à la hauteur de son importance et de sa responsabilité dans le monde. »
Dans la lettre de l'AHF à l'ambassadeur Ho-young, Weinstein a également noté :
La Corée, membre du G20, est l'une des plus grandes économies mondiales, avec un PIB annuel d'environ 1 120 milliards de dollars américains. De toute évidence, l'engagement de la Corée envers le Fonds mondial est totalement disproportionné à son poids économique.
À titre de comparaison, le PIB des États-Unis est environ 15 fois supérieur à celui de la Corée. Pourtant, les États-Unis versent chaque année plus de 1.3 milliard de dollars au Fonds.
Une contribution proportionnelle de la Corée s'élèverait à au moins 70 millions de dollars par an, soit bien plus que l'engagement actuel des États-Unis de 16 millions de dollars sur cinq ans.
De plus, la méthode privilégiée par la Corée pour lever une grande partie de ces fonds – en taxant les voyages des étrangers – indique que la Corée ne considère pas pleinement que la responsabilité de la santé publique mondiale lui incombe.
Compte tenu des réalités des voyages d'aujourd'hui, il est évident que les maladies ne connaissent pas de frontières, et le sous-financement de la santé mondiale nuit non seulement aux personnes qui en ont un besoin immédiat, mais prépare également le terrain pour des épidémies là où il n'y en avait pas auparavant.
« Les engagements de reconstitution des ressources ne doivent pas être considérés comme facultatifs ni comme un simple geste de générosité de la part de pays tels que la Corée, la Chine et bien d'autres », a déclaré le Dr Jorge Saavedra, ambassadeur mondial de l'AIDS Healthcare Foundation et ancien directeur du CENSIDA au Mexique. « À l'instar des contributions à l'ONU, le soutien au Fonds mondial et à sa lutte mondiale contre trois maladies infectieuses – le sida, la tuberculose et le paludisme – est, ou devrait être, une obligation pour les États membres responsables du G20. »
« Chaque nation riche a la responsabilité d'améliorer et de protéger la santé publique mondiale ; c'est un impératif moral », a déclaré Tom Myers, directeur des affaires publiques et conseiller juridique de l'AIDS Healthcare Foundation. « De ce fait, les engagements financiers envers des organisations comme le Fonds mondial ne doivent pas être perçus comme des contributions, mais comme des paiements attendus qui constituent la juste part de chaque pays à l'effort collectif mondial. La santé publique est une responsabilité partagée. Les pays qui ne paient pas leur juste part profitent, en réalité, des efforts des autres. Nous devons changer le discours afin que les pays comprennent que s'engager financièrement n'est pas une faveur, mais une responsabilité que toutes les nations du monde partagent. »
Le Fonds mondial est un programme financé par les pays riches et destiné à fournir une aide financière aux pays en développement qui n'ont pas les ressources nécessaires pour lutter contre les maladies et mettre en place des infrastructures médicales.











