National Public Radio
le 20 juillet, 2012
ROBERT SIEGEL, HÔTE :
Sur NPR News, voici ALL THINGS CONSIDERED. Je suis Robert Siegel.
AUDIE CORNISH, HÔTE :
Je suis Audie Cornish. La Conférence internationale sur le sida s'ouvre ce week-end à Washington, à un moment que les militants et les chercheurs considèrent comme crucial pour l'épidémie. Le VIH n'est plus perçu comme une menace émergente susceptible de paralyser certains pays africains. Mais à travers le monde, plus de 34 millions de personnes vivent encore avec le VIH. Et l'année dernière, selon l'ONUSIDA, deux millions et demi de personnes supplémentaires ont été infectées par le virus. L'Afrique du Sud reste le pays le plus touché par l'épidémie, avec le plus grand nombre de cas de sida. Jason Beaubien, de NPR, est avec nous en direct de Port Shepstone, en Afrique du Sud. Bonjour Jason.
JASON BEAUBIEN, BYLINE : Bonjour.
CORNISH : Et pour commencer, dites-nous, où se trouve Port Shepstone ?
BEAUBIEN : Port Shepstone se situe au sud de Durban, sur la côte, au bord de l'océan Indien. Cette ville se trouve dans le KwaZulu-Natal, la province d'Afrique du Sud la plus touchée par l'épidémie de VIH. À l'échelle nationale, le taux de prévalence chez les adultes est d'environ 18 %, ce qui signifie que 18 % des adultes du pays sont infectés par le VIH. Mais ici, ce taux est encore plus élevé. Dans certaines cliniques, notamment celles fréquentées par des femmes enceintes, le dépistage est systématique. Et dans certaines parties du KwaZulu-Natal, 50 % des femmes enceintes qui consultent dans ces cliniques sont séropositives. C'est un signe révélateur de la gravité de l'épidémie dans cette province.
CORNISH : Il y a douze ans, la Conférence internationale sur le sida se tenait à Durban. Ce fut un moment controversé de l’épidémie, notamment pour l’Afrique du Sud, où le président de l’époque remettait en question le lien de causalité entre le VIH et le sida. Comparons donc cette période à la situation actuelle de l’Afrique du Sud.
BEAUBIEN : L'Afrique du Sud a connu une transformation incroyable ces cinq ou six dernières années. Le pays est passé du déni du VIH à la volonté de devenir un chef de file africain en matière de programmes de lutte contre le VIH. Le nouveau ministre de la Santé est très dynamique. Il souhaite mettre en place les meilleurs programmes possibles pour l'Afrique du Sud. En 2010, une campagne de dépistage massive a été lancée afin de tester toute la population. Dans un pays de 50 millions d'habitants, 15 millions de personnes supplémentaires ont été testées, une première pour une campagne de cette ampleur. Bien que tardive par rapport à d'autres pays, cette initiative a permis de dépister 2 millions de personnes supplémentaires.
Du coup, deux millions de personnes supplémentaires savent qu'elles sont porteuses du virus et se tournent vers le système de santé. On a vraiment l'impression que l'Afrique du Sud a enfin réussi à inverser la tendance et s'attaque sérieusement à cette épidémie dévastatrice. Ils sont parvenus à ramener la transmission de la maladie de la mère à l'enfant sous la barre des 4 %.
Vous savez, j'ai parlé hier avec un médecin, William Mmbara, dans une clinique de la Fondation pour la santé contre le sida, juste à l'extérieur de Durban, dans un township appelé Umlazi. Il m'a dit que la situation est complètement différente aujourd'hui d'il y a 10 ou 12 ans.
DR WILLIAM MMBARA : J'ai commencé à travailler dans le domaine du VIH il y a 11 ans. Lorsque je travaillais dans un service de soins palliatifs, j'admettais des patients, et 98 % d'entre eux décédaient dans la semaine des suites de maladies liées au VIH. Aujourd'hui, 98 % de mes patients sont en vie.
BEAUBIEN : Il affirme donc que la quasi-totalité de ses patients sont encore en vie. Cela représente un défi de taille, car cela signifie qu'il y a davantage de personnes à soigner. C'est la nouvelle réalité en Afrique du Sud, qui s'efforce de lutter contre cette épidémie.
CORNISH : Jason Beaubien de NPR. Jason, merci.
BEAUBIEN : De rien.











